En consolation

Jour gris, humide et froid, février lance sa dernière offensive! Désherbage pénible et peu productif, repiquage à la sauvette de quelques liriopes sous le févier où pointent les premières jacinthes.
Ensuite, j’avoue avoir renoncé à rester au milieu du jardin glacé, je me suis mise à ranger l’abri de jardin et le garage, tous deux lieux de perdition où pour être sûr de ressortir vivant , il faut parfois s’encorder!
En fait, il s’agissait surtout de déshabiller l’un pour rhabiller l’autre et rapporter au bon endroit ce qui allait y servir, nous sommes en offensive de bricolage ces temps-ci.
D’où allées et venues derrière la brouette tout le long du « Triangle », c’est la parcelle la plus proche de l’entrée de la maison,  surtout plantée de rosiers, elle fait grise mine en ce moment sauf à sa pointe, tournée vers le jardin!

Là, où l’été se prélassent les aeoniums rentrés au chaud, pour l’instant, se pavane, provocant de couleur et de lumière un abélia grandiflora ‘Conti’ en pot! A l’admirer dans un sens puis dans l’autre, mes poussiéreuses  brouettées m’ont  parues plus légères!

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Published in: on février 8, 2010 at 9:55  Comments (2)  
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Le jour des pissenlits

Encore plus court qu’ hier, je suis éreintée ce soir autant par des travaux de bricolage intérieur que par du désherbage à outrance. Le rush est lancé, quelques petites averses, un redoux sensible, 15° hier et la moindre parcelle de terre nue se met à reverdir !
Sur « Les Gradins », je suis retournée, cela avance sûrement mais lentement, deux jours de forte tramontane ont suffit pour devoir mouiller avant de pouvoir biner et désherber; du coup j’ai taillé un yucca et déplacé quelques cailloux, une grosse affaire ici, la caillasse: il faudra que vous explique ça en détail.
J’ai travaillé aussi dans « La Cour d’Accueil » qui justement le dimanche n’accueille personne, ça facilite grandement les choses. J’ai arraché sans plus de cérémonie, un conifère qui n’avait pas réussi à supporter la sécheresse de l’automne.
Au jardin de l’Aspre, c’est vraiment délicat de les faire venir et j’ai souvent des pertes. La seule solution , c’est de les choisir nains et de les intégrer dans de grandes potées à mi-ombre.J’y ai aussi retiré deux grands seaux de pissenlits qui s’arrachaient très facilement, à chaque jour son adventice selon les conditions d’humidité du sol!
Quant au « Carré » dont je devais vous parler, je n’ai pas même eu le temps d’y aller.
Pourtant, il va bientôt requérir tous mes soins, il se nomme en fait « le Carré aux Camélias » et ce n’est pas par hasard.Je vous laisse avec son plus bel ambassadeur , un camélia sasanqua, déjà bien implanté et qui est en fleur depuis le tout début de l’automne. Les photos datent de l’année dernière, ce printemps le voit encore plus beau! Promis, d’autres clichés dans la semaine!

Published in: on février 7, 2010 at 9:19  Laisser un commentaire  
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journal de bord

Comme le capitaine du navire s’astreint à noter ce qui se passe sur son bateau, bien que ma vie réelle ne soit plus que charivari, je m’obstine à tenir la barre du jardin et à le noter ici même.
A la fois, pour garder une trace de mon travail et  prouver peut-être d’abord à moi même que lorsque l’on veut réussir quelque chose, on y arrive toujours , tant est que la vie ne vous fasse pas faux-bond, même si cela demande quelques délais.
Ce matin donc, retour sur « Les Gradins », à peine détrempés par une averse de courte durée. Le sol  y est argileux, terre de remblai venue de contrées lointaines, par ici c’est sableux et pierreux!
J’ai désherbé et biné comme hier face à une tramontane glacée à me couper le souffle! quatre coups de sécateur pour maintenir très court et très dense  un pyracantha semé là spontanément, deux seaux de mauvaises herbes, un aloe saponaria et un romarin bien dégagés.
Le binage est dans cette parcelle la seule parade possible à la formation d’une croûte desséchante. Il faudrait aérer le sol et l’amender…ça viendra peut-être, pour l’instant je continue à le nettoyer, jour après jour. Un bon coup de râteau pour finir d’émietter les plus grosses mottes et voilà, retour dare dare à la maison.
Ah, non! j’oubliais l’arrosoir donné en catastrophe à la véronique qui habituée à l’arrosage automatique municipal, n’arrive pas à réhydrater sa souche même sous les averses, son feuillage est trop touffu!
« Les Gradins » courent, sur deux niveaux, tout le long de la façade nord-ouest du jardin de l’Aspre,  pour l’instant quelques mètres linéaires d’un des gradins supérieurs sont propres…j’y retournerai , ponctuelle, demain matin!

Il est du jardin comme de la vie, détermination et persévérance, régularité et patience! On me dirait presque raisonnable!

Un petit coup d’oeil, aux premiers mètres du gradin où je travaille:
Des opuntias qui ont plus ou moins bien supporté l’hiver, un agave americana,  un laurier sauce et quatre iris qui se battent en duel. Il y a là autant de boutures échappées du jardin que de dons, de souvenirs de voyage, de semis spontanés , le tout complété quand même par quelques achats hétéroclites.
Cette année, je compte unifier un peu tout ça!
De l’autre côté du grillage, c’est une autre parcelle « Le Carré » dont nous parlerons la prochaine fois!

Published in: on février 6, 2010 at 10:45  Laisser un commentaire  
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Soucis en rocaille

J’avais peu de temps pour écrire et en aurai encore moins, seule solution…le putsch! Je vais le prendre ce temps et tous les jours encore tant que je le pourrai mais je vais faire court!
Le jardin de l’Aspre est divisé en parcelles, ça vous le savez déjà! Le gérer convenablement suppose de travailler tour à tour dans l’une puis l’autre, sans en oublier sur la semaine!

Aujourd’hui, j’ai travaillé dans quatre d’entre elles, en partant du bas du terrain qui empiète carrément sur la voie publique: « Les gradins », j’en parlerai plus longuement une autre fois, je n’ai fait qu’y désherber, biner et tailler. Il faudrait que je le fasse chaque jour, ils se devraient d’être impeccables mais c’est encore de l’ordre de l’impossible!
L’après-midi m’a vu gérer le feux-semis précédent la pelouse tant espérée, avec de l’aide, cela avance régulièrement et sûrement, et j’ai terminé en continuant le remaniement de l’entrée du « Sous-bois ».
Mais le meilleur à mon goût s’est passé dans  « La cour d’accueil », heureusement à midi solaire car elle est exposée  de plein fouet à la tramontane,  les plantes qui arrivent à y pousser ne doivent leur salut qu’à quelques murets et grillages garnis de grimpantes. Le soleil y tape bien aussi surtout sur deux rocailles protégées par un grand portail. Le sol y est dur comme caillou, par définition, et très bien drainé.
J’ai « épilé » l’une des deux, la plus grande, très hétéroclite, peuplée aussi bien de succulentes, de cactées, que de vivaces , voir de temps à autre d’annuelles!
Peu d’adventices, il y fait trop sec, deux cactées gelées, c’est la seule vraie façon de tester la rusticité de tel ou tel végétal dans un certain lieu! La rocaille en question est encore très jeune, juste deux saisons, elle commence quand même à annoncer la couleur en quelque sorte et j’en suis assez satisfaite!
Quelques clichés de ses pensionnaires :

L’incontournable cinéraire maritime, comment se passer de son beau feuillage lumineux!

Une des cactées qui a tenu le coup, je sais qu’elle peut devenir de belle taille mais il faudra du temps!

Un  aloe gariepensis, sacrément solide, il a quelques cousins avec lui, tous ont supporté le -6° , cadeau de cet hiver!

L’euphorbe de Corse qui sait si bien gérer la lumière et s’est vite implantée sans façons!
Sa petite copine spontanée, l’euphorbe segetalis, du moins, je crois, le Roussillon en abrite de très nombreuses variétés.

et pour finir un souci en fleur, toujours et encore, d’annuels ailleurs, ici, ils sont devenus vivaces et se conduisent comme tels; je les ai rafraîchis comme on dit, tailler les tiges mortes ou ayant trop fleuri, redonner une petite forme en dôme…rien de bien compliqué!
Dommage que mes vrais soucis dans la vie réelle soient nettement plus diffciles à tenir en respect!

Et pourtant…

J’ai quelques difficultés pour trouver en ce moment, le temps et le goût d’écrire. Rien à voir avec le jardin, plutôt l’hiver qui s’étire en longueur et me donne d’autres envies, de rangement par exemple, d’espace et de liberté…pour retourner jardiner justement!
Et pourtant, il s’y passe des choses au jardin!

D’abord l’herbe pousse mais quand ne pousse-t-elle pas ici?! J’ai recommencé dare dare le faux semis que je mène depuis une bonne année…au bout? Une pelouse qui soit autre chose qu’un nid à chiendent et à pissenlits! Je suis du genre soigneux et patient!

Entre deux périodes de gel, léger celui-ci mais encore présent, je plante un rosier ou deux, mets des plantes  condimentaires en pots, entreprends un nouveau massif à l’entrée du « Sous-Bois ».

Le « Sous-Bois » en est vraiment un, c’est de loin la parcelle la plus ombragée du jardin de l’Aspre,  Gonzalès le jeune pin, pourtant l’un de nos plus grands arbres,  borne sa pointe en triangle.
A l’autre bout, plus près de la maison, c’est Robinson le bouleau (déjà en bourgeons,  mais pas plus que ça)
qui le débute, il s’est semé tout seul et a entrepris de se glisser discrètement mais efficacement plus haut que Françis, un autre pin, plus trapu et bien plus âgé que Gonzalès. L’un a une trentaine d’années et l’autre est deux fois plus jeune mais un bon tiers plus haut! Deux espèces différentes bien sûr, le plus vieux planté et l’autre, sauvageon pleine de force de vivre, semé par ses pairs du terrain voisin.
D’ailleurs Françis aussi se réveille discrètement comme vous le voyez!
Au pied du bouleau, adossé à une haute et ancienne haie de lauriers cerise, j’avais établi, depuis une dizaine d’années le tas de bois mais l’âge et la paresse venant, je viens de le rapprocher à deux pas de la maison.
Nul doute que le jeune bambou semiarundinaria fastuosa  n’en profite éhontément pour essayer de coloniser tout l’espace mais je vais le tenir en laisse.
De toutes façons, l’état du sol m’y aidera, ce n’est plus qu’un lacis de racines et si massif, il y a, ce sera en ajoutant du terreau, une sorte de plate-bande réhaussée.

Pour l’instant, il n’y a guère que quelques roses de Noël , une  anémone pulsatile et de nombreux petits bulbes que j’ai glissés entre les racines du bouleau, du pin mais aussi celles du trachycarpus , un de nos trois palmiers.
Le tout est ceinturé par une haie basse de lierre panaché qui maintient l’endroit un peu humide. Du coup, j’ai eu l’inconscience d’y implanter une fougère arborescente et plus récemment un des jardiniers qui se démène sous le couvert du « Sous-Bois » m’a offert un beau pied de cymbidium…les deux semblent avoir bien supporté l’hiver !

Qui s’aventure plus avant , se retrouve au pied du tilleul, un cordata bien sûr, à petites feuilles, les seuls qui viennent assez bien dans notre sol si sec.
Caïd, c’est son nom, a d’ailleurs boudé près de 20 ans avant de se décider à prendre un peu d’ampleur à la faveur d’ une petite fuite providentielle et volontairement tolérée sur le point d’eau tout proche.
A sa décharge, la lutte pour la nourriture, la lumière, tout autant que pour l’eau, est âpre dans le « Sous-Bois ». Caïd bataille inlassablement contre les « Trois Mousquetaires », ce sont des néfliers du Japon, qui sont quatre bien sûr. Après s’être évadés de leurs pots tout simplement oubliés quelques saisons, ils poussent adossés les uns aux autres et arrivent, je ne sais comment à nous offrir quelques nèfles.
Il faut dire que je surveille tout ce petit monde et fait un peu la police, plusieurs élagages par ci par là , ont été indispensables pour que chacun trouve sa place.
C’est qu’il faut aussi que s’en sortent sans trop de dommage, un  gardenia  qui reste un peu piteux, les hortensias, le forsythia, la berbéris panachée, le houx’ Blue Angel’ et des rosiers arbustifs!
Jusque là, tous ceux là se débrouillaient plus au moins sans engrais , avec trois fois rien d’eau et supportaient stoïques l’envahissement du lierre commun pactisant avec les pervenches panachées.
Mais 2010 pourraient être l’année des aboutissements, de l’entretien, des petites gâteries pour mes chers végétaux! Le « Sous-Bois » va changer…
Pourtant même si un chardonneret qui a oublié de migrer s’y dissimule, ce n’est pas dans le « Sous-Bois » que notre invité surprise s’est attardé! c’est un peu plus loin dans  la « Passejada » et le  » Bosquet » , dans le verger aussi où il est en train d’établir son camp avancé!

Le lilas est souvent en avance et ses bourgeons grillent parfois…

Le sorbier , plus prudent, porte son écharpe de mohair.

Le liquidambar préfère la protection d’un solide vernis!
Les fruitiers restent timides et se colorent à peine.
Les chatons du noisetier eux, sont déjà opérationnels ou presque.

Quand au sureau, c’est à peine croyable, là, il fait très fort!


Mais celui que je préfère,  c’est le bourgeon du tulipier de Virginie et ses délicates couleurs

Je vous l’avait annoncé, quoi que l’on en dise, le printemps est sur l’Aspre et donc au jardin aussi, c’est la poule faisanne qui me l’a confirmé de son cri rauque mais claironnant!

Devoir de mémoire

Voici deux jours consécutifs que je plante des bulbes,  d’ailleurs à bien y penser, cela fait plusieurs  semaines que cela dure!
Le travail n’est guère difficile, peu de mauvaises herbes à arracher, l’hiver bat son plein et je choisis des endroits que j’ai déjà préparés, et un sol meuble, trempé, que le gel a fini d’émietter!
J’ai planté des tulipes , des narcisses, des fritillaires, des jacinthes, des muscaris, des perce-neiges et d’autres dont j’ai oublié le nom.
La plantation est bien tardive, certains ne fleuriront que l’année prochaine mais mieux vaut tard que jamais.
J’en plante chaque année depuis dix ans, certaines fois plus que d’autres mais toujours!
Un bulbe, ce n’est rien:  certains pèsent moins qu’une plume dans le creux de la main, c’est lisse ou grumeleux, brillant ou mat, cela s’épluche tout seul au moindre frôlement ou cela parait presque minéral tant c’est dense au toucher.
Il en existe une multitude de sortes, qui fleurissent en toute saison mais ceux que je plante ces temps-ci sont mes préférés.
Un bulbe est un mystère, une vie obstinée scellée en une enveloppe anodine et souvent très discrète.
Bien peu suffit à les éveiller, un peu d’eau et un rien de chaleur, un redoux de quelques jours, de quelques heures, et la mise en végétation se met en route.
Parfois même, nous profitons de leur indicible bonne volonté, pour par de pauvres subterfuges, leur faire croire que le printemps est là et obtenir leurs fleurs à contre temps, à contre saison.
Nous sommes si voraces de lumière , de renouveau dans tout ce blanc, ce gris,  ces nuages bas et nos doigts comme nos coeurs engourdis.
En posant doucement, épaules contre épaules toutes ses promesses de couleurs, de senteurs, au fond de petites combes que je recouvre soigneusement de terre ameublie, je fais mon devoir de mémoire. J’appelle le printemps, je tire à moi tous les souvenirs que j’en ai, ses odeurs, ses éclats de couleur et de lumière.
Toutes ces images, les voyez-vous? Percevez-vous le vent doux sur vos bras, le parfum enroulé à votre cou?
Sauriez-vous encore parler des senteurs poivrées des tulipes et des transparences des corolles de narcisses?
Nous ne sommes encore qu’en janvier mais ne vous y trompez pas, le printemps est déjà en route, dans un rameau qui change de teinte, dans l’écorce qui devient plus brillante et lisse, dans un bourgeon qui grossit, un chaton qui se déplie, dans les minuscules pousses vertes que j’ai pris bien soin de ne pas bousculer, les tiges en devenir des bulbes des années passées.
Les jours seront plus longs, la lumière se fera plus forte, l’aube vous réveillera plus tôt et un matin, ce vert que nous gardons précieusement dans nos mémoires, ce clin d’oeil  radieux du printemps, sera de nouveau là, inéluctable et fidèle au rendez-vous!
Que de tendres rêves de ciel clair, de doux soleil, de vie nouvelle, vous accompagnent tout ce dimanche et peut-être un peu plus loin!

Published in: on janvier 17, 2010 at 12:45  Comments (4)  
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Travail d’équipe

L’année 2010 a bizarrement débutée au jardin de l’Aspre. pour de multiples raisons, je suis restée un peu en retrait du jardin et la vague de froid a fait le reste!
On a frôlé, je pense le point de non retour! Pourtant le jardin me voit de nouveau régulièrement et sur des plages horaires encore beaucoup trop longues, le dos proteste énergiquement ce soir!
Mais des bulbes de printemps attendent encore d’être plantés en catastrophe, ce n’est pas la première année, je suis souvent dépassée par les évènements mais là, on atteint des sommets!
Echeveria sp

Je n’ai donc pas trop le choix de surseoir au lendemain et cela je pense pour une petite quinzaine, ensuite débutera une nouvelle ère qui sera celle  du nettoyage, de la mise en valeur et qui ne se fera plus dans l’urgence mais s’inscrira dans la durée.
Par ailleurs , je me suis affranchie de tâches  qui n’avaient rien à faire avec ma passion végétale et relevaient des Travaux d’Hercule, le jardin de l’Aspre me voit donc revenir, plus détendue et disponible et bien décidée à en profiter sans y laisser ma santé.
Echeveria Perl of Nuremberg
Les dernières boutures de succulentes, des dures à cuire, sedums ou bulbines , qui traînaient dans l’abri de jardin depuis les fortes gelées sont maintenant aux pieds des agrumes dans la plate-bande du patio.
Si j’ai pu les y installer après un désherbage soigné et un binage obsessionnel, ce n’est que parce que d’autres jardiniers étaient passés avant moi et avaient réalisé tout un travail fastidieux de rangement (décorations de Noël), déplacement de pots trop lourds pour moi,  nettoyage et désherbage suivi, tri des cailloux des mois auparavant.
Pour une activité que j’ai mené durant un bon quart d’heure, il avait fallu tout un travail d’équipe , tout un processus.
Echeveria chihuahuahensis
Auparavant, c’est moi , toute seule, qui gérait chaque chantier, du projet à la finalisation en passant par toutes les étapes. Il me fallait donc quatre à cinq fois plus de temps et de force que maintenant , au moins!
A priori, j’ai tendance à ne pas trop apprécier que nombre de gros godillots, autres que les miens parcourent à loisir mes allées fort mal tenues ,  mais force est de constater ce soir que je suis très satisfaite de ce petit moment de plantation de quelques boutures, sans être pour une fois au bord de l’épuisement.
Echeveria sp
Demain verra la création d’un coin de condimentaires  rehaussé de quelques vivaces et ponctué de bulbes qui s’il existe, derrière mon front obstiné, depuis bien des mois ne pourra lui aussi prendre forme au pied de Robinson le bouleau que parce que tout le pénible travail préalable de dégagement de l’espace, de transport de terre,  de déplacement de la pile de petit bois, aura été réalisé par quelqu’un d’autre que moi.
Je me situe entre deux ressentis, le soulagement bien sûr et une étrange sensation d’échec aussi, de renoncement, sans oublier une sourde culpabilité.
Echeveria setosa
Je pense qu’il me faudra quelques mois pour équilibrer tout cela dans ma tête, pour faire la part des choses, pour que l’évolution positive du jardin  fasse taire mon incommensurable vanité!
Reste qu’à part tous ces états d’âme, je m’endormirai ce soir tout aussi épuisée qu’auparavant mais en ayant abouti quelques tâches, en ayant la sensation enfin que ce jardin va véritablement voir le jour et peut-être même entrer dans une certaine maturité.
Echeveria Pink Frills
Sinon, en marge de tout ça, il y a la rainette en hibernation réveillée par la suppression définitive de la pépinière d’attente que d’une douce pichenette, j’ai réexpédié continuer son somme dans la haie de lierre, il y a les dernières amandes grignotées par les mulots, le premier narcisse qui pointe le nez abusé par toute cette humidité ambiante, les bananiers qui embarquent définitivement pour des cieux plus cléments, une superbe étagère d’angle qui structure la jungle intérieure du salon et le froid…en suspend pour l’instant qui magnifie les couleurs des succulentes quand il ne les extermine pas! Entre autres choses…

Graptopetalum Paraguayense

Published in: on janvier 14, 2010 at 8:41  Comments (4)  
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C’est en hiver…

C’est en hiver contrairement à tout ce que l’on pourrait croire, que l’on voit les vrais jardiniers!
Ceux-là ne sont point au coin de leur cheminée ou radiateur à feuilleter les catalogues de leurs prochaines folies jardinières.
Les passionnés, les vrais, sont toujours au jardin.
Hier , je n’y suis restée que deux heures d’affilée et au presque meilleur de la journée mais j’ai mis la soirée à me réchauffer!
A  2°, 3° sous tramontane, il n’y a pas que les doigts et le bout du nez qui souffrent…ah, oui, j’oubliais les oreilles.
Il y a avant tout les plantes, quelles soient rustiques  ou non, elles font peine à voir!
Chaque hiver me voit plus raisonnable, plus responsable face à la culture de ces êtres végétaux mais vivants!
Nous leur laissons si peu de choix d’exister ici ou là.
Dans la colline à quelques pas du jardin de l’Aspre, tout va bien, n’ont poussé là que ceux qui le pouvaient, qui savent résister au vent, au froid, à la sécheresse l’été;  là, il ne s’agit que d’attendre que mars ou même février pointe le bout du nez pour que tout progressivement redémarre! Les malades, les trop vieux, les trop petits aussi, les faibles ou ceux qui s’étaient semés là où il ne fallait pas, auront été éliminés, cela dure depuis des siècles et des siècles. Les plus habiles à pieger l’eau et la lumière survivent, les autres périssent et il en demeure toujours suffisament.
Mais au jardin tout est faussé! C’est le jardinier qui décide, qui sème ici ou là, qui plante dans tel endroit ou dans tel autre, qui choisit plus ou moins bien la situation par rapport au vent dominant et surtout décide ce qu’il va semer ou planter!
Les végétaux que j’ai placé là où il ne le fallait pas, le savent bien ce matin de tramontane glacée. Ils sont en train de payer pour les autres , ceux que je planterai mieux au printemps prochain , considérant les dégats de cet hiver et aussi pour ceux que je ne replanterai pas!
Certaines des succulentes du jardin sont déjà mortes , victimes de mon ignorance, ou de celle des pépinièristes qui me les ont vendues, de leur inconséquence aussi peut-être, il faut vendre à tout prix! 
Je vais toujours chercher toutes les informations possibles sur les plantes que j’achète mais souvent la moisson est maigre, même dans mes nombreux livres et sur internet!
Après le premier coup de gelée de cet hiver, j’ai fait un premier prélèvement de boutures: sur les succulentes qui avaient été touchées par le gel mais avaient survécu; parfois, j’ai arraché le pied entier quand les dégats étaient importants et rempoté hors gel. Sur une cinquantaine d’interventions, trois ou quatre plantes ont pourri les autres se sont remises provisoirement.
Ce matin, l’eau que j’ai mise, tiède, pour mes chats, tout contre le mur de la maison, a gelé en surface en moins d’une heure…je suis fixée. La nuit a été rude pour mes amis végétaux.
Alors, pour être la plus opérationnelle possible et pour ne pas trop les tripoter quand il ne le faut pas, je serai au jardin pendant deux heures, dès le midi solaire, le meilleur de la journée pour les plantes et les oiseaux. Ceux-là ne sortent boire et manger que très tard dans la matinée et disparaissent dès quatre heures de l’après-mid, bien avant la tombée de la nuit. 
Il a beaucoup plu , il y a deux jours, les tonnes de récupération sont pleines, je vais pouvoir sans crainte rentrer les tuyaux d’arrosage qui eux aussi s’abîment au gel, ainsi que le mobilier plastique qui ne supporte pas plus les fortes gelées que les grosses chaleurs!
Et ensuite, j’irai voir les dégats, nettoyer, pailler au maximum avec des paillis secs et retirer les anciens, trempés, qui ne feront que favoriser le gel de la plante qu’ils sont censés protéger!
J’irai relever les températures sur mes thermomètres minima-maxima dissiminés partout sur le terrain, j’en ai placés 8 dans toutes les parcelles que je cultive, il peut y avoir jusqu’à 4° de différence d’un endroit à l’autre, durant la nuit tout autant que la journée. En temps de gel ou de canicule, cela change tout!
Et puis, pour finir, je désherberai à la binette comme tous les jours parce qu’ici en Catalogne, il n’y a guère qu’au coeur de l’hiver que les adventices font une pause, j’entends par là qu’elles arrêtent de fleurir et de grainer.
Ce désherbage-torture m’évitera d’être totalement débordée au printemps quand en moins de trois semaines tout va redémarrer à une vitesse décourageante.
Quand enfin, les deux heures se seront écoulées, je devrai m’occuper de la jungle qui encombre toute la maison, vérifier que l’hygrométrie minimale est respectée, qu’aucune cochenille ne traîne par là, qu’aucune moisissure n’envahit telle ou telle bouture!
Je fus jardinier sous des climats bien moins cléments que celui du Roussillon mais je dois avouer qu’alors l’hiver m’était repos. Ici et sans doute en raison de mon ambition a essayé d’adapter des plantes peu rustiques, l’hiver m’est plus que pénible…il se pourrait que cela change!
Les hivers sont de plus en plus froids ici depuis dix ans, j’abandonne peu à peu les exotiques par fatigue, c’est que je vieillis, mais aussi par respect pour la vie végétale. Il y a tant de plantes qui peuvent ici vivre sans souci. Pourquoi s’acharner à faire geler celles qui ne le peuvent pas, pourquoi courir toujours après ce que l’on ne peut avoir!?
S’agit-‘il d’une leçon de climatologie ou de modestie, voire une leçon de vie que l’hiver ici m’inflige cruellement mais efficacement chaque hiver??
Petite démonstration à propos de l’ornithogale à caudex offerte par une amie et donc d’autant plus chère à mon coeur!
Elle a passé l’hiver dernier au chaud, encore bien petite, puis au printemps je l’ai mise en terre dans la longue jardinière qui court devant notre cuisine et que j’ai remplie de toutes sortes de succulentes.

Elle y a peu à peu grossi et même formé des bubilles, heureusement, plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui de nouveau au chaud dans un pot de notre séjour!
 

Elle  a fleuri plusieurs fois, formant des tiges florales de plus en plus longues et épaisses, elle en portait deux lorsque la première gelée l’a endommagée! il ya quelques semaines seulement!
 

Voilà aujourd’hui, ce qu’il en reste, le thermomètre placé tout près indiquait un minima de -2° la nuit dernière, j’ai donc laissé la plante en terre mais je suis prête si cela descend en dessous de -5° à la prélever et à la rentrer en serre froide, pas question de perdre un aussi beau caudex qui pour l’instant, je crois, n’est pas encore gelé!

Published in: on janvier 9, 2010 at 5:58  Comments (2)  
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Un peu de punch!

Quelque fois, il ne faut que trois fois rien pour donner un peu de punch au jardin. J’ai découvert ce matin le petit frère de celui, (La photo est prise à la bambouseraie d’Anduze), tout pimpant, tout joyeux dans un massif décimé par la neige d’hier.
Il est vraiment des végétaux que rien n’arrête, ceux-là me sont d’autant précieux!
Du soleil pour tout le monde, au moins dans la tête, pour aujourd’hui!

Une des dernières obtentions dans la grande famille des oxalis: Oxalis triangularis Mijke.

Published in: on janvier 8, 2010 at 10:51  Laisser un commentaire  
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Bonne année 2010

Juste une petite fleur de streptocarpus (oui, comme ça s’éternue!…parfois les botanistes ne font pas simple, et je vous dispense pour l’instant du nom de la variété!) pour souhaiter à tous mes lecteurs une très bonne année 2010!
A bientôt, 2010 démarre, en ce qui me concerne sur les chapeaux de roues!

Published in: on janvier 7, 2010 at 7:57  Laisser un commentaire  
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