Telle une solide sentinelle, il ferme la porte du verger aux assauts de la Marinade (vent de sud-est), du moins en partie.

S’il ne ne fut pas le premier planté loin s’en faut depuis mon arrivée en l’an 2000, il n’a pas non plus été le dernier…j’ai rempli plus de 70 fois mon devoir d’arbre et l’apparence du jardin qui en abrite actuellement une centaine, fruitiers ou d’alignement, s’en est trouvé grandement changé.
Son fonctionnement et ses possibilités aussi: qui dit arbre, dit ombre et ici en Roussillon, j’ai très vite compris qu’en plein soleil, rien ne pouvait pousser!
Je n’en tire aucune fierté, rien qu’une franche satisfaction, j’ai eu beaucoup de chance d’en avoir les possibilités financières et physiques aussi.
Un arbre, c’est d’abord une fosse de plantation d’environ 70 cm au cube et actuellement, je commence à avoir peine à simplement planter les derniers arbustes. Près de 10 ans plus tard, l’architecture du jardin émerge tout juste, même si certain s’y promenant, m’ont demandé pourquoi j’y avais jeté tellement d’arbres, comme au hasard. Le jardin ne se livre pas comme ça au premier venu et je ne lui ai pas montré mon plan de jardin.
Plus que sur le papier ou dans ma tête, c’est peut-être plus sûrement au fond de nos coeurs qu’il s’élabore!
je ne sais pas si j’aurai la chance de voir le jardin de l’Aspre terminé mais dans tous les cas, tous nos arbres pour une raison ou une autre, me sont très précieux.
Certains ont une saison de prédilection mais Caucase le chêne, est splendide toute l’année.

Il a poussé très vite, planté tel un jeune scion, il s’est dès la deuxième année affranchi de tout tuteur.
Je lui maintiens encore quelques branches basses et cela suffit à maintenir son assiette. De toutes façons, il est , par nature, souple et mouvant et contrairement à celui de la fable, sait se montrer accomodant avec tous les vents quels qu’ils soient.
Je ne l’arrose pratiquement plus et il n’a, à ma grande honte, bénéficié , que bien peu souvent, d’un quelconque amendement.

Malgré tout ça, il se porte très bien et nous offre au printemps d’adorables petites feuilles vert vif liserées de rouge, qui en grandissant virent peu à peu au vert foncé. Leurs grandes échancrures lui confère une ombre mouvante mais efficace sans être trop fraîche.
Effectivement, c’est à l’automne comme vous pouvez en juger qu’il est le plus spectaculaire mais moi qui le connait bien, j’ apprécie aussi l’hiver, sa belle écorce douce et lisse , ses rameaux architecturés sans être trop raides sur le ciel d’un bleu acéré.

Il vous fera un clin d’oeil , saison à saison et vous jugerez par vous même que notre Caucase est une valeur sûre, tout en restant un arbre très simple et discret.
Je lui ai fait ce jour, pour vous, une petite caresse sur son tronc patiné et sur ses feuilles à la texture de cuir souple , il nous console bien de l’hiver qui vient!
Caucase, le chêne rouge d’Amérique
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