Il y a quelques jours, je plantais un nyassa avec celui sans qui, je n’aurais pu réaliser ce dernier rêve d’arbre, un peu fou, hier j’ai rapporté au jardin un petit pot d’estragon, raccourci saisissant!
Bien difficile de tenir ce blog en ce moment, tellement de changements au jardin de l’Aspre et dans ma tête aussi. Nous sommes en pleine frénésie jardinière: quatre personnes l’autre matin, jardinaient ensemble sur le terrain, qui au broyeur, qui en train de creuser pour placer une bâche anti-rhizomes, les deux dernières en train de finir le désherbage de la pente du pistachier!
Paradoxalement, si tout ce beau monde est là, c’est que ma seule présence ne suffit plus ou plutôt qu’elle n’a jamais suffit et qu’il s’agit de sauver les meubles, enfin les structures minimales du jardin.
J’en conçois à la fois du dépit mâtiné de chagrin et du soulagement bien sûr! malheureusement du détachement aussi! Je m’aperçois que je ne sais pas trop partager ou même déléguer, je suis en train de me désintéresser de l’affaire ou du moins de prendre un recul qui ne me parait pas de bon augure.
Ma frénésie à moi, se limite à l’indicible envie de terminer l’aventure, d’aboutir tous projets et de ne plus en formuler d’autres. Constat d’échec sans doute ou grande lassitude.
Il y a une énorme différence entre implanter un emplacement pour qu’il reste facile à gérer au fil des années quand je pourrai en faire de moins en moins et créer un endroit dont je rêvais depuis longtemps et qui met en scène parfois des végétaux difficiles à entretenir.
Il n’est plus loin le moment, où j’arpenterai pleine d’enthousiasme, le rayon des chaise longues!
D’ici, là, j’aurais du tarir mes larmes, mettre une bonne claque à mon indicible vanité et accepter les résultats du temps qui passe sur les jardins et leurs jardiniers. Ce chapitre là, un des derniers, ne figurait pas dans le grand livre du jardin de l’Aspre.
Envie aussi de tourner les deux talons et de laisser le jardin devenir ce qu’il voudra bien, conduit par d’autres que moi… le jardinier est celui qui tient le râteau, pas celui qui décide plus ou moins où le passer! Ce rôle là, indéniablement, ne m’intéresse pas!
Pourtant, je vais préparer pour la première fois les graines d’annuelles qui vont donner de la couleur, du relief au jardin.
Ce qui éventuellement, mais rien n’est moins sûr pour l’instant, pourrait me faire accepter de ne pas finir comme j’ai commencé au jardin de l’Aspre, le nez dans ma vigne ou au pied d’une de mes nombreuses haies serait le respect que tout jardinier doit à son jardin. Est-ce que le jardin de L’Aspre le désire? C’est lui et personne d’autre qui va me répondre. S’il accepte en beauté cette passation de pouvoirs, s’il se contente sans en souffrir, d’être simplement entretenu et …fort bien d’ailleurs, je n’en doute pas! S’ouvrira alors une autre ère, pour lui, pour moi.
Je lâcherai la binette pour l’appareil photo, je viens d’en acquérir un, très performant. J’irai accrocher les étiquettes et tenir les cahiers de semis, de suivi.
Parce que c’est bien ce qui est en train de se passer, le jardin de l’Aspre me précède, il évolue très vite et j’ai l’impression d’être perpétuellement à la traîne, je ne fais plus que suivre…avec difficultés.
Leçon de modestie, renoncement indispensable, me faire une raison…
Je n’ai jamais été raisonnable, c’est là, mon moindre défaut. De plus, je n’ai pas du tout envie de le devenir.
J’irai tout à l’heure créer, avec mon petit estragon à la main, une des dernières sections de ce jardin, un espace d’aromatiques en pot et de bulbes de printemps. Il sera très certainement fort bien arrosé et pas seulement à l’arrosoir ou au tuyau! Poussera-t-il d’autant mieux?

Je vous laisse avec Adam, le poirier Chanticleer, le premier planté à mon initiative. Pas par moi, je n’étais pas encore vraiment arrivée au jardin de L’Aspre.
Ce n’était qu’un jeune scion, qui en dix ans, a ainsi évolué. J’essaierai dans les semaines à venir de vous en conter l’historique. 
La vie est comme le soleil qui joue dans ses feuilles, elle n’est jamais ce qu’elle parait ; ni surtout là où on l’attend;
de la mort, il va de même!




















Nous l’appellons Belle tout simplement, c’est un pommier ‘Belle de Boskoop’ bien sûr, conduit en gobelet.
Les étamines d’or donnent à chaque fleur une classe indéniable, comme un clin d’oeil au printemps de nouveau là!









en coup de coeur végétaux,
de boutures échangées,
, de souvenirs de ballades botaniques en trouvailles minérales le projet s’est mis en route.
trimbalé quelques seaux de cailloux, choisi quelques unes des aloes qui s’incrustent un peu partout au jardin de l’Aspre ( ce sont de loin mes préférées!)
chippé quelques belles roches sur les hauteurs des gorges de l’Hérault, déniché trois ardoises reliquat d’un ancien sentier.
Au sommet de la pente du côté gauche trône une cordyline pourpre, elle commence à former un tronc mais je l’ai plantée en 2004 et mon mari pour maintenir le talus qu’elle surplombe avait construit alors la première rocaille, plutôt des gradins en fait. Au pied de Princesse, la cordyline, j’ai ajouté juste après, sur les gradins, de ces petites étoiles roses qui galopent gaiement dans les pierres sèches.

