Un petit pot d’estragon

Il y a quelques jours, je plantais un nyassa avec celui sans qui, je n’aurais pu réaliser ce dernier rêve d’arbre,  un peu fou, hier j’ai rapporté au jardin un petit pot d’estragon, raccourci saisissant!
Bien difficile de tenir ce blog en ce moment, tellement de changements au jardin de l’Aspre et dans ma tête aussi. Nous sommes en pleine frénésie jardinière: quatre personnes l’autre matin, jardinaient ensemble sur le terrain, qui au broyeur, qui en train de creuser pour placer une bâche anti-rhizomes, les deux dernières en train de finir le désherbage de la pente du pistachier!
Paradoxalement, si tout ce beau monde est là, c’est que ma seule présence ne suffit plus ou plutôt qu’elle n’a jamais suffit et qu’il s’agit de sauver les meubles, enfin les structures minimales du jardin.

J’en conçois à la fois du dépit mâtiné de chagrin et du soulagement bien sûr! malheureusement du détachement aussi! Je m’aperçois que je ne sais pas trop partager ou même déléguer, je suis en train de me désintéresser de l’affaire ou du moins de prendre un recul qui ne me parait pas de bon augure.
Ma frénésie à moi, se limite à l’indicible envie de terminer l’aventure, d’aboutir tous projets et de ne plus en formuler d’autres. Constat d’échec sans doute ou grande lassitude.
Il y a une énorme différence entre implanter un emplacement pour qu’il reste facile à gérer au fil des années quand je pourrai en faire de moins en moins et créer un endroit dont je rêvais depuis longtemps et qui met en scène parfois des végétaux difficiles à entretenir.
Il n’est plus loin le moment, où j’arpenterai pleine d’enthousiasme, le rayon des chaise longues!
D’ici, là, j’aurais du tarir mes larmes, mettre une bonne claque à mon indicible vanité et accepter les résultats du temps qui passe sur les jardins et leurs jardiniers. Ce chapitre là, un des derniers, ne figurait pas dans le grand livre du jardin de l’Aspre.
Envie aussi de tourner les deux talons et de laisser le jardin devenir ce qu’il voudra bien, conduit par d’autres que moi… le jardinier est celui qui tient le râteau, pas celui qui décide plus ou moins où le passer! Ce rôle là, indéniablement, ne m’intéresse pas!
Pourtant, je vais préparer pour la première fois les graines d’annuelles qui vont donner de la couleur, du relief au jardin.
Ce qui éventuellement, mais rien n’est moins sûr pour l’instant, pourrait me faire accepter de ne pas finir comme j’ai commencé au jardin de l’Aspre, le nez dans ma vigne ou au pied d’une de mes nombreuses haies serait le respect que tout jardinier doit à son jardin. Est-ce que le jardin de L’Aspre le désire? C’est lui et personne d’autre qui va me répondre. S’il accepte en beauté cette passation de pouvoirs, s’il se contente sans en souffrir, d’être simplement entretenu et …fort bien d’ailleurs, je n’en doute pas! S’ouvrira alors une autre ère, pour lui, pour moi.
Je lâcherai la binette pour l’appareil photo, je viens d’en acquérir un, très performant. J’irai accrocher les étiquettes et tenir les cahiers de semis, de suivi.
Parce que c’est bien ce qui est en train de se passer, le jardin de l’Aspre me précède, il évolue très vite et j’ai l’impression d’être perpétuellement à la traîne, je ne fais plus que suivre…avec difficultés.
Leçon de modestie, renoncement indispensable, me faire une raison…
Je n’ai jamais été raisonnable, c’est là, mon moindre défaut. De plus, je n’ai pas du tout envie de le devenir.

J’irai tout à l’heure créer, avec mon petit estragon à la main, une des dernières sections de ce jardin, un espace d’aromatiques en pot et de bulbes de printemps. Il sera très certainement fort bien arrosé et pas seulement à l’arrosoir ou au tuyau! Poussera-t-il d’autant mieux?
 
Je vous laisse avec Adam, le poirier Chanticleer, le premier planté à mon initiative. Pas par moi, je n’étais pas encore vraiment arrivée au jardin de L’Aspre.
Ce n’était qu’un jeune scion, qui en dix ans, a ainsi évolué. J’essaierai dans les semaines à venir de vous en conter l’historique.
La vie est comme le soleil qui joue dans ses feuilles, elle n’est jamais ce qu’elle parait ; ni surtout là où on l’attend;
de la mort, il va de même!

 
 
 

 

Publié dans:  on décembre 3, 2009 at 10:58 Commentaires (2)
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L’Adrienne

Et non pas l’Arlesienne parce qu’à vous parler de cet arbre sans vous le montrer, il pourrait avoir confusion.
Le nouveau pommier ‘Belle de Booskoop’ que nous avons été cherché jusqu’en pays nîmois justement, se nomme effectivement Adrienne.
Beaucoup des arbres du jardin de l’Aspre portent un nom. Ce sont nous qui les avons choisis ou des amis de passage ou ceux qui nous les ont offerts comme cadeaux de mariage.
La corbeille de la mariée était effectivement forestière. Nous avions répertorié dans un album les arbres ou arbustes que nous souhaitions planter et chacun de nos invités a pu s’il le désirait nous offrir l’un deux en le parainant en quelque sorte. Parfois , c’est tout un groupe d’amis ou toute une famille qui ensemble a eu le coup de coeur pour l’un d’entre eux!
Le premier arbre nommé, l’a été tout à fait par hasard. Partis en vacances, nous avions confié le jardin à mon fils alors adolescent, pour qu’il réalise les indispensables arrosages journaliers du plein été. La chaleur était si forte cette année là, qu’il a décidé à fort bon escient d’arroser de nuit et à la faveur de ses déambulations , il s’est pris d’amitié pour l’un de ceux dont il étanchait la soif. Un jeune liquidambar, alors pas plus épais qu’un crayon, lui a tapé dans l’oeil en quelque sorte, et chaque soir, il prenait des nouvelles de son nouvel ami Georges (prononcer Dgeorges à l’américaine).
A notre retour, nous avons trouvé cette idée très mignonne et avons commencé à nommer nos arbres, peu à peu ou lors de soirées de délire végétal.  Le jour du mariage, nous avions organisé une sorte de jeu de reconnaissance, un parcours au milieu de tous ces arbres, très anciens ou très jeunes, mais tous nommés et étiquetés pour l’occasion.
C’était, il ya plusieurs années et c’était hier!
Georges a bien changé, certains des plus anciens sont mourrants, beaucoup d’autres ont été plantés et depuis au moins deux ans, le jardin affiche officiellement complet .
La tramontane et le soleil ont arraché les étiquettes, brulé les rubans: je refais cependant de temps en temps une étiquette ou deux mais ce n’est pas encore temps pour cette tâche , il ya toujours plus urgent.
Ce printemps verra la plantation d’un palmier, ce sera vraiment le dernier arbre du jardin, je songe à l’appeller Zéphyrin, le premier arbre que j’ai planté au jardin de l’Aspre, le poirier d’ornement ‘Chanticleer’ se nomme Adam bien sûr, l’alphabet est fini et une certaine aventure aussi. Elle aura duré dix trop courtes années.
Rien ne s’est passé comme je le pensais, le jardin m’apporte de grandes joies et d’indicibles chagrins aussi.
Il ne sera pas comme je l’espérais mais il existe, ce n’est déjà pas si mal, cela m’a beaucoup coûté. Certains projets, utopiques demandent à être révisés à la baisse, coupes sombres dans mes rêves.
L’Adrienne sera planté la semaine prochaine, je vous montrerai de temps en temps son évolution.

Demain, c’est un prunier ‘Reine Claude dorée’ et pas ‘d’Oullens’ finalement que nous allons chercher, les deux arbres sont déjà au jardin, l’un beaucoup plus fatigué que l’autre et malheureusement bien sûr, c’est celui-là qui depuis une trentaine d’années donnait les meilleurs fruits. Nous allons prendre les devants et ne pas attendre le complet déclin de  Claude, bien sûr.
Le prunier ‘d’Oullens’ s’appelle Bayard, c’est lui qui, autofertile , pollinise l’autre.

La gestion des arbres fruitiers est beaucoup plus compliquée et astreignante que celle des arbres d’alignement.
Pour l’instant, nous n’avons pas de très bons résultats au verger.
C’est une section du jardin dont je vous parlerai souvent tant, elle va nous apporter de tracas et de travail!
A ce jour, le verger ressemble à un gruyère , plein de trous qui attendent leurs nouveaux occupants!
L’un pour le pommier, l’autre pour le prunier, celui-là pour le kaki muscat que nous déplaçons et le dernier pour le nyassa, égaré là, tout près d’un vieux cerisier bigarreau qui a déjà lui, sa relève, un peu plus loin.
Adrienne était la cousine de ma grand-mère, une femme solide et bienveillante qui bichonnait son minuscule jardin de ville à Amiens. On y trouvait presque plus de ciment que de terre libre mais si jeune que j’étais, je me souviens des plate-bandes d’aromatiques, des mignons parterres, des bordures de buis. Une fois, une seule,  j’y suis allée quérir les oeufs de Pâques…. je les ai vite découverts du coin de l’oeil mais j’ai fait duré le plaisir, j’ai toujours adoré parcourir un jardin et dans celui là, j’aurais peut-être pu  apercevoir quelques lutins…il était bien à leur taille!

Publié dans:  on novembre 28, 2009 at 11:35 Commentaires (2)
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Rien qu’une paire de gants!

Bien peu de mots à écrire ces derniers jours ou plutôt trop et pas de temps pour le faire.
Dix ans de vie dans un jardin laissent des traces, dans le jardin en question et en soi-même aussi.
Mes projets ont changé, mes possibilités aussi, je ne rêve plus aussi haut, ces temps-ci.
Où est parti mon bel enthousiasme? Comment ai-je pu imaginer tant de choses pour ce lieu, tant de réalisations, de créations, de mises en valeur?
Ces derniers jours, j’ai beaucoup travaillé sur mes photos, numériques pour l’instant mais qui ne concernent que les quatre dernières années. Les premières traces de ma rencontre avec ce jardin sont des photos argentiques, parfois même en noir et blanc et puis il y a aussi les photos d’avant ces dix ans, lorsque j’ignorai jusqu’à son existence…
Pourquoi, lorsque j’ai découvert ce lieu , cerné d’un tour de fenêtre en aluminium, ai-je pensé aussitôt que je devais venir y vivre, que ma place était là? Reconnait-on vraiment certains lieux? Je suis bien trop cartésienne pour écrire cela. Ce n’était alors pas même une friche, des traces humaines que l’Aspre se hâtait de faire disparaître, un semblant de chemin mais des roses ausi, un cordon de vigne, des piquets de clôture disséminés un peu partout, des fruitiers laissés à eux-mêmes, du lierre envahissant , une haie de berbéris, un tilleul qui ne se décidait pas à démarrer et puis tant d’autres végétaux ici ou là . Ils me parlaient déjà à l’oreille comme ils m’interpellent toujours, ils ont toujours tant à dire. Pourquoi me suis-je laissée envoûter, et ces chênes au fond du jardin, de l’autre côté de la clôture qui masquent les collines toutes proches l’été et me les laissent déjà deviner en ce mois de novembre, pourquoi y suis-je tant attachée, alors qu’ils sont même au-delà des limites du jardin ?
Ce jardin où je passe le plus clair de ma vie et qui n’est pas vraiment le mien puisque cette terre , je ne l’ai pas achetée ni même choisie,  quel est ce lien si fort qui m’y lie?
J’ai cru longtemps naïvement que je ne faisais que poursuivre le rêve de son propriétaire et m’aperçois, ces jours-ci qu’il n’en est rien, que je suis seule à m’y être si fortement attachée.
Peut-on aimer un lieu d’amour, celui que l’on donne avec plus ou moins de bonheur à nos semblables?
Ce que j’échange avec  ces végétaux, ceux que j’ai plantés et les autres , va bien au-delà de l’attachement commun des trois-quarts des jardiniers à leurs ouailles végétales!
Au coeur de ce jardin, je me sens beaucoup plus vivante, beaucoup plus moi même que nul part ailleurs et je souffre de voir mes forces décliner et de laisser tant de possibilités inabouties.
De quoi me suis-je détournée depuis ces dix dernières années pour accorder toute mon énergie à ces arbres, ces arbustes, cette terre si pauvre et caillouteuse?
J’ai passé un pacte avec ce jardin, je ne sais pas vraiment quelle en est la teneur, je sais seulement que  c’est extrème et exigeant, que cela ne s’arrêtera qu’avec la fin de ma vie.
Quoi qu’il m’en coûte et ce soir, comme la plupart du temps, j’en suis épuisée, j’ai l’étrange sensation de ne pouvoir être heureuse en faisant autrement, quelles que compensations que l’on puisse me proposer.
Aux pieds de mes arbres, je vis heureuse, je ne les quitterai jamais des yeux!
Bien que le “mes” ne convienne guère, c’est moi qui suis à mes arbres, pas l’inverse!
La vie passe et je revois à la baisse, mois après mois, ce que je comptais créer dans ce jardin mais l’essentiel est d’y rester, de m’en occuper, d’en prendre soin autant que je le peux, avec de l’aide ou sans.
Comme seule illustration , cette paire de gants dont je me suis défaite, il y a quelques mois, mes mains se sont tant musclées à les porter que je n’arrivais plus à les enfiler.

A eux-seuls, ils racontent, les courbatures, les tendinites, le découragement, la joie triomphante à caresser la nouvelle tige sur la charpentière abîmée, la lassitude des soirs d’été, posés sur le banc pour ne pas les mouiller en arrosant, la peur de la tronçonneuse que je maintenais difficilement, le besoin de toucher cette terre ocre, dont ils sont souillés bien que je ne les portais jamais pour planter un végétal.

J’ai changé de gants et d’idées et d’espoirs et de rêves mais si c’était la première paire de gants usées dans ce jardin, j’espère qu’il y en aura beaucoup d’autres…bien que rien ne soit moins sûr, c’est que mes mains se sont tant endurcies que mes nouveaux gants, les pauvres, sont bien rarement enfilés!

Publié dans:  on novembre 26, 2009 at 7:14 Laisser un commentaire
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Du soleil sur le ciel gris

Bien des choses sont grises en ce moment dans ma vie et je n’ai pas trop le coeur à tenir ce blog régulièrement mais ce soir, voici juste quelques photos pour vous envoyer du soleil pour la semaine.
Malaîka, le frêne à fleurs qui nous a été offert pour notre mariage , il y a un peu plus de 4 ans, commence à se faire beau. Sa marraine, tout autant que son parrain ont lieu d’en être fiers.
Il est magnifique aussi lorsqu’il fleurit au printemps mais cette année,c’est en automne qu’il a été notre petit soleil, présent tout au long de cette grise semaine!

Son tronc est encore un peu mince pour résister aux assauts de la tramontane et vous pouvez distinguer  les haubans qui le maintiennent droit et fier. Il s’étoffe peu à peu et sa chaude couleur associée à celle du cotinus, nous font cette année déjà un bien lumineux “Carré aux camélias”.

Publié dans:  on novembre 22, 2009 at 7:51 Laisser un commentaire
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Petits gestes

Il est déjà plus que tard, plutôt très tôt. Ma journée au jardin et ailleurs s’est diluée en milliers de tous petits gestes.
J’aurais aimé vous parler aujourd’hui d’Adrienne, notre nouveau pommier. En fait, je ne l’ai même pas encore photographié, juste arrosé et mis en pépinière.
L’ampleur de la tâche au jardin est colossale et mes forces s’y éparpillent mais cela avance quand même.
Je rentre dans la dernière phase de réalisation du jardin, je planterai ce printemps, notre dernier arbre, un syagrus qui hiverne pour l’instant au salon.
Cet automne , je n’ai pas pu résister à l’envie d’ implanter un nyassa, j’aime tellement les couleurs d’automne des feuillus.
Puis il faut déjà penser à remplacer nos plus vieux arbres, souvent des fruitiers, un cerisier par exemple.
La structure du jardin se fixe progressivement, je déplace encore  quelques arbustes , de très jeunes arbres aussi qui se sont mal implantés. L’année prochaine, je n’en aurai plus la force.
Aujourd’hui, j’ai soigné les agrumes , cochenilles et chlorose; j’ai repiqué, désherbé, planté des vivaces, fini un massif, commencé un autre.
J’ai arraché des piquets qui n’avaient plus de raison d’être, j’ai arrosé aussi, il fait toujours très sec malgré le temps maussade.J’ai souvent l’impression d’une course contre la montre, perdue d’avance!
Je n’ai pas même pris le temps de regarder autour de moi, la beauté des végétaux qui m’entouraient.
Ce n’est qu’à la nuit tombée  devant l’ordinateur en traitant mes dernières photos, que j’ai réalisé l’énorme paradoxe qui existe entre la laideur de ce jardin toujours en chantier et la splendeur de certains végétaux qui y vivent!
Cette fois-ci, je serai lâche, je ne vais vous montrer que le bon côté de la médaille…  
Quelques clichés et prises de vue dans le Carré.
Sans la pierraille, les mauvaises herbes, les haubans des jeunes arbres, les cyprès déplumés, les camélias chétifs.
Je vous les montrerai aussi, promis, pour ça,  il n’y a rien qui presse!

Je n’ai pas forcé les couleurs, remis peut-être un peu de lumière car le temps était gris mais le cotinus est vraiment de flamme cette année.
Le frêne à fleurs Malaïka, s’il n’a pas voulu fleurir au printemps, jaunit très vite; aujourd’hui, il n’était déjà plus à la fois vert et mauve..
Pour le lagerstroemia, j’ai été la première surprise, je n’avais jamais remarqué les autres fois qu’il se tavelait ainsi de mille tâches de rousseur multicolores  avant de devenir flamboyant. Quant à la viorne Aurora Carlesi, elle s’est déplumée avant que je n’ai pu la photographier dans son ensemble, en général, elle est beaucoup plus vermillon que pourpre…l’automne a ses secrets.

Publié dans:  on novembre 20, 2009 at 12:20 Laisser un commentaire
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Qu’est-ce qu’elles deviennent?

Après tout ce blog devrait parler de roses non? Où sont-elles ces roses de L’Aspre?
Elles sont un rien fatiguées, en novembre, elles auraient de quoi! et moi aussi…
Les soucis, les chagrins, l’automne qui s’installe pour de vrai, tout ça m’épuise bien plus encore que le travail pourtant intensif au jardin. Remaniement complet de certaines zones, création de massifs, assainissement le plus bio possible du terrain: j’y suis parfois de 9 h du matin à la tombée du jour après une courte pause.
Je fais aussi quelques photos, chaque jour, la parure des feuillus est éphémère et imprévisible, il ne faut pas laisser passer le coche.
Et puis nous avons parcouru depuis dimanche,rien de moins que sept jardineries et pépinières pour trouver d’abord de la barrière anti-rhizomes pour les bambous et dénicher aujourd’hui Adrienne, je vous en parlerai demain.
Nous sommes allés dans le gers, l’ariège et le gard mais avons trouvé cet après midi notre bonheur ni sur patte, ni sur tige, juste en gobelet, à Nîmes! ça fait des souvenirs!
Les roses pendant ce temps là, mènent leur petites vies aux quatre coins du jardin, nous en avons planté une centaine et trois hier matin étaient toujours en floraison.
 
Grand Nord, la trentaine, toujours bon pied , bon oeil, le plus poussant des rosiers buisson de la haie du Triangle (c’est la parcelle très près de l’entrée de la maison). La plupart des rosiers y sont des obtentions Delbard. Il s’ouvre crême , mais ses petites roses souvent en compagnie, finissent blanches parfois piquetées de rose, un petit parfum, rien d’exceptionnel mais un beau feuillage vigoureux.  

 
Tendresse, même âge et même situation à quelques pas de Grand Nord, plus fragile , se sent beaucoup mieux en début de printemps mais remonte vaillamment quand même, une de celles les plus longuement fleuries. Par contre, sa fleur manque un peu de tenue au bout de quelques jours, la voici émouvante et chiffonnée., avec un petit parfum d’abricot!   

 Peace Keeper, un petit nouveau, planté en mai dernier, déjà tout fleuri, petit buisson gracile mais très florifère, encore présent dans le massif en forme de coeur, qui s’aboutit peu à peu.
Presque pas de parfum , des petites roses, une très délicate couleur pêche qui va s’éclaircissant.
Tous les rosiers, de ce massif, six, sept, peut-être huit, il faut que je les recense, vont du blanc pur avec le rosier Henri Salvador à l’orange vif avec France Libre en passant par des dégradés de rose et de pêche. Vivaces assorties, enrochage et pelouse prévue, peut-être le printemps prochain, ressemblera-t-il enfin à quelque chose??
Je ne survis que d’espoir et ai beaucoup d’imagination!
A demain, je vais rêver d’Adrienne!

Publié dans:  on novembre 19, 2009 at 12:25 Laisser un commentaire
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Le dernier printemps de Belle

Belle de booskoop (4)Nous l’appellons Belle tout simplement, c’est un pommier ‘Belle de Boskoop’ bien sûr, conduit en gobelet.
Ces pommiers là ont un grand développement , de longues et puissantes charpentières mais pourtant de graciles rameaux flexibles qui ne cassent jamais même chargés de fruits.
C’est que c’est un arbre généreux et facile à vivre qui s’installe sans histoire, en tous sols et fructifie très vite.
Ses pommes sont mûres en fin d’automne, elles sont un peu rêches avec plus de brun et de vert , que de rouge, un jupon paysan. Mais si à croquer, elle a quelque acidité malicieuse, c’est une pomme sans égale pour faire des tartes savoureuses, de divines compotes, des feuilletés parfumés et fondants!
Elle m’a toujours parue indispensable en notre verger et depuis dix ans que j’admire sa belle ramure, il ne m’était jamais venu à l’idée que la vie de nos arbres est bornée , tout comme la notre.Belle de booskoop (1)
Au printemps, sa naîve floraison, n’en était pas moins spectaculaire. De presque rouge, le bouton entrouvre une large corolle rosée d’abord puis presque blanche au fil des jours. Belle de booskoop (2)Les étamines d’or donnent à chaque fleur une classe indéniable, comme un clin d’oeil au printemps de nouveau là!Belle de booskoop
Belle résiste depuis aussi longtemps que je la connais à un chancre bactérien du collet et là, je viens de réaliser qu’il n’y a plus rien à faire…que les soins que j’aurais du lui prodiguer plus tôt ne serviraient maintenant plus à rien.
Nous allons devoir l’abattre pour éviter que la maladie ne se propage aux arbres avoisinants et pour lui épargner une agonie inutile, déssèchement de chaque charpentière une à une. Belle a trente ans, c’est encore jeune pour un pommier. Je me sens tellement coupable et honteuse de n’avoir pas eu le discernement et le courage de la soigner.
J’ai préféré m’occuper de l’implantation d’arbres plus spectaculaires, plus raffinés, plus rares ou voulu tout simplement avoir le plaisir de les voir pousser et grandir.
Je souhaitais avoir la chance de les voir grands, moi qui suis bien loin de la jeunesse.
Il est des manques de discernement que l’on ne rattrape pas.
Heureusement, un pommier pousse vite et je vais m’empresser de planter de nouveau  une autre Belle mais ce ne sera pas tout à fait la même ni tout à fait une autre non plus. Je ne la nommerai pas de la même manière et me promets de m’en occuper le mieux possible.
Comme je l’écrivais, il est d’entre nous comme de nos arbres. L’une de mes amies qui comprenait si bien l’essence même de la vie végétale et savait l’exprimer avec tant de grâce et de talent à travers ses photos vient de nous quitter.
Elle avait tant d’intuition et de goût pour construire massifs et associations végétales que souvent je suis restée longtemps à détailler tel ou tel de ses clichés, à essayer de saisir la ligne directrice , la teinte dominante, les nuances qui la réhaussaient, lui donnaient du corps, ou du velouté.
La beauté, pour elle n’avait pas de secrets,comme en témoigne le merveilleux jardin qu’elle  a créé avec son compagnon, même si elle se prénommait Micheline.Belle de booskoop (3)
Je lui dédie à la fois les dernières fleurs de cet arbre que j’aimais tant et les premières du petit compagnon qui illuminera de nouveau notre verger. Printemps après printemps, elle demeurera dans mon coeur.

Publié dans:  on novembre 16, 2009 at 7:03 Commentaires (4)
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Tout ce qui change, et ce qui reste

Au fil du temps, beaucoup de choses changent au jardin de l’Aspres et ailleurs. Nous changeons nous-mêmes, les végétaux dont nous nous occupons évoluent, notre façon de les choisir, de les entretenir et ceux qui nous accompagnent aussi au jardin et ailleurs.chrysanthèmes (1)
Les années, les saisons passent, nos forces décroissent, nous accumulons peu à peu du savoir, de l’expérience; notre modestie augmente au fur et à mesure de nos revers, de nos échecs.
Pour moi, l’heure du bilan ne sonne jamais, en fait le bilan est continu, j’enregistre jour à jour les évolutions, les directions prises, je tente en permanence d’en voir les conséquences.
Ce n’est guère facile, c’est souvent dérangeant, et la nostalgie m’est souvent compagne.
Il est des impasses dont on ne peut revenir, des erreurs que l’on ne rattrape pas.amélanchier (3)
Dix ans de mon travail , au jour le jour, sont en train d’être fortement remis en question, ce qui va en émerger, m’est encore inconnu; ce dont je suis sûre, c’est que cela change et vite et qu’à mon âge, il est difficile de saisir la portière encore ouverte pour se hisser dans le train déjà en mouvement .
Ceux et celles qui m’accompagnent au jardin s’en vont et viennent aussi bien trop rapidement à mon gré, que cela soit virtuel ou râteau à la main. 
Vient un moment, où il faut se résoudre, non à poursuivre seul l’allée du jardin comme celle de la vie mais plutôt à en laisser s’éloigner certains que l’on aimait tant, y venir d’autres que l’on ne connait pas encore vraiment, qui partent et qui s’en reviennent parfois ou disparaissent sans trop savoir pourquoi!
Nos vies, nos jardins de tout cela sont faits.automne 006
En cet automne qui peu à peu devient triomphant, je plante les derniers nouveaux arbustes, je remplace quelques arbres qui n’avaient pas leur place au jardin de l’Aspres et à qui je souhaite toute la chance possible dans leur nouveau jardin d’accueil, je déplace arbustes et très jeunes scions que j’avais mal insérés. 
je bouleverse des structures qui ont dix ans d’existence, j’en amende d’autres, je transforme en chantiers réels , les derniers projets qui furent d’abord rêves.
Le jardin de l’Aspre entre en maturité et moi en déclin, sans panique ni plus de tristesse que cela, j’ai ratifié le pacte de la vie, et de sa fin aussi , il y a fort longtemps déjà, alors que je n’étais encore  qu’une enfant.automne 017
Guère de choses spectaculaires au jardin pour l’instant, une certaine douceur de l’air et de la lumière, des tons chauds mais apaisants, dame Nature s’endort sans en faire toute une affaire avec quelques éclats de splendeur cependant comme il sied de partir .automne 026
Que telle une douce écharpe , ces quelques photos, vous permettent de prendre le chemin de l’hiver et du renouveau qui ne manquera de suivre , si ce n’est au jardin , indubitablement pourtant dans le coeur de ceux que nous aimons et qui nous le rendent bien, dans toutes les beautés que nous avons implantées au jardin de nos rêves!automne 002

Publié dans:  on novembre 15, 2009 at 7:39 Commentaires (2)
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Piquante reconversion

Les cactées, bien que je les trouve parfois très esthétiques, je les préfère comme beaucoup, chez les autres!
Ayant cadeau à faire, j’avais repéré dans le jardin concerné , un pot de cactus prouvant la tolérance voire l’amour de ces végétaux par celui que je voulais gâter.
Recherches s’en suivirent , jusqu’en Espagne où j’avais fini par dénicher une belle opuntia monacantha variegata monstruosa  (non contents de piquer, c’est toute une histoire pour les nommer!). Or, elle me fut gentiment mais fermement refusée, le cactus au jardin n’était qu’une erreur juste tolérée et déjà en partance… Imaginez mon embarras!
Qu’allais-je en faire?
Ma première pensée fut de m’en débarasser, d’autant qu’elle était assez encombrante; par acquis de conscience, je l’ai d’abord photographiée. A traiter les clichés, je m’y suis attachée, comme quoi il y a mille et une façons d’être piqués de ces drôles de végétaux!opuntia
Il m’est revenu en mémoire une réalisation fort réussie , vue sur le site de Gardenbreizh, je ne dirai jamais assez tout ce que j’y ai appris.
Rocaille en coin de murs , bien exposée… chez nous , il n’y a qu’un emplacement possible, dans le patio aux agrumes et sur terrasse carrelée.
Mais après tout, pourquoi pas: rehaussée dans un grand pot, l’opuntia aurait fière allure et serait innofensive puisque bien en retrait de tout passage.rocaille patio 007
Toute seule, elle se serait ennuyée! Alors de pots trouvés en solde,rocaille patio 012 en coup de coeur  végétaux,rocaille patio 005  rocaille patio 004     rocaille patio 009de boutures échangées,rocaille patio 014 , de souvenirs de ballades botaniques en trouvailles minérales le projet s’est mis en route.
J’ai batttu le rappel de tous mes contenants en terre,rocaille patio 003 trimbalé quelques seaux de cailloux, choisi quelques unes des aloes qui s’incrustent un peu partout au jardin de l’Aspre ( ce sont de loin mes préférées!)rocaille patio 006 chippé quelques belles roches sur les hauteurs des gorges de l’Hérault, déniché trois ardoises reliquat d’un ancien sentier.
Pour les grosses roches comme pour les petits cailloux, ce fut facile, le département et ses voisins, notre propre terrain me servent régulièrement de carrière et me voient souvent forçat volontaire!
J’ai géré autrefois un aquarium et depuis sais où trouver de beaux graviers de toutes tailles, eux me sont revenus plus chers que le reste mais outre le côté décoratif, emmagasineront la chaleur en hiver.
L’agencement m’a pris une paire d’heures sans parler des mises en pot préalables.
Partie d’un refus d’un ami (dont je le remercie!), enrichie de boutures envoyées  toujours par des amis de quatre coins de France et d’ici,  après un bon mois de recherches et de travail, la rocaille du patio a vu le jour mais doit évoluer encore un peu.rocaille patio 001

Il me faut mieux  camoufler la gouttière  ainsi que la prise électrique; savoureuses recherches en perspectives!
Si vous avez des idées…n’hésitez-pas!

Publié dans:  on novembre 11, 2009 at 7:01 Commentaires (2)
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Boutures d’amour, repiquage d’amitié

Il est des jours de joie et des jours gris au jardin de l’Aspre, d’ailleurs la météo est en accord avec mon humeur depuis deux jours, pluie intermittente et tramontane aussi violente que glacée!

Souvenez-vous, je vous avais parlé, il y a quelques articles de la pente du pistachier, ce nouveau chantier en cours.

delospermumAu sommet de la pente du côté gauche trône une cordyline pourpre, elle commence à former un tronc mais je l’ai plantée en 2004 et mon mari pour maintenir le talus qu’elle surplombe avait construit alors la première rocaille, plutôt des gradins en fait. Au pied de Princesse, la cordyline, j’ai ajouté juste après, sur les gradins, de ces petites étoiles roses qui galopent gaiement dans les pierres sèches.ficoïdes (5)
 Outre Manche, la plante s’appelle ‘Grain de riz ‘ en rapport avec la forme de ses feuilles succulentes et nos consciencieux botanistes l’ont nommée drosanthemum floribundum pour que tout le monde soit bien sûr de parler de la même chose.
Ces fleurettes roses m’ont été offertes par une amie qui découvrait alors notre jardin et y est revenue depuis sans être vraiment satisfaite de son évolution; comme tout un chacun, le jardin de l’Aspre ne plait pas à tout le monde à moins que ce soit ce que nous en faisons?  ficoïdes (8)
Quant à moi, j’ai gardé de délicieux souvenirs des balbutiements de notre jardin et quant il a fallu tailler dans le vif, non, plutôt dans le mort, puisque le drosanthème en 6 ans s’était enlaidi de toute une nappe de brindilles mortes sous un dessus toujours vert, cela m’a fait comme un pincement au coeur.
Sous des dehors bourrus, j’ai une sensibilité maladive, je ne m’en suis pas remise.
Depuis, je passe et repasse en évitant de regarder l’emplacement marronnasse que la taille a laissé et où le drosanthème devrait refaire des tiges vives.
J’en doute de plus en plus et l’angoisse monte; je me console en ayant récupéré patiemment hier tout ce qui pouvait faire des boutures, mais renseignements pris, je risque de n’avoir un résultat que de 15%, il devrait quand même en rester quelques repousses viables, sur tout un seau à vendanges!
Comme si le problème n’était pas assez compliqué comme ça, il ne serait pas raisonnable de réimplanter les plantounettes au même endroit, il est situé à l’aplomb de Gonzalès, un grand pin dont je ne vous ai pas encore entretenu et ces derniers temps le coussin rose s’hérissait de ses longues aiguilles doubles très difficiles à extirper.
Le jardin de l’Aspre évolue chaque jour, comme tout ce qui est vivant, certains changements me ravissent et d’autres me consternent, notre jardin est l’exact reflet de notre courte vie!
Que vais-je trouver à planter pour mettre Princesse la bien nommée cordyline, en valeur et sur quoi ne feront que glisser des aiguilles de pin??ficoïdes (6)
Où vais-je surtout placer mes boutures d’amour? En quelle situation agencer mes repousses d’amitié??

Publié dans:  on novembre 9, 2009 at 11:02 Laisser un commentaire
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